Skip to Content

HOCM and mitral regurgitation: the value of combining Mavacamten and M-TEER

Treating obstructive hypertrophic cardiomyopathy (HOCM) associated with mitral regurgitation...

L'approche hybride Mavacamten et M-TEER dans la cardiomyopathie hypertrophique obstructive complexe

Traiter une cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMHO) associée à une insuffisance mitrale dégénérative (IMD) par prolapsus pose un dilemme thérapeutique majeur, particulièrement chez les patients fragiles. Chez cette patiente de 79 ans présentant un profil à haut risque chirurgical et des comorbidités multiples, la prise en charge doit adresser simultanément deux mécanismes : l'obstruction dynamique de la chambre de chasse du ventricule gauche et l'anomalie structurelle valvulaire.

L'enjeu de ce rapport clinique réside dans la mise en œuvre d'une stratégie séquentielle innovante. L'objectif est d'évaluer comment l'introduction du mavacamten, un inhibiteur de la myosine cardiaque, peut modifier l'environnement hémodynamique avant une réparation mitrale bord-à-bord transcathéter (M-TEER). L'hypothèse est qu'une réduction préalable de l'obstruction dynamique permet de sécuriser le geste interventionnel et de pérenniser le résultat fonctionnel sur la valve mitrale.

Un point crucial de ce parcours réside dans la fluctuation de la réponse thérapeutique. Malgré une amélioration initiale sous traitement médical, une remontée brutale des gradients de pression après quatre mois de suivi a imposé une réévaluation de la stratégie. Ce cas démontre que pour le praticien, la combinaison du mavacamten et du M-TEER offre une solution complémentaire efficace pour stabiliser des patients multidimensionnels dont la complexité anatomique rendait, jusqu'alors, toute intervention prohibitive.

Méthodologie et Protocole de Prise en Charge

Ce rapport de cas détaille la prise en charge hybride d'une patiente de 79 ans présentant une cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMHO) symptomatique (stade NYHA III) associée à une insuffisance mitrale dégénérative (IMD) par prolapsus du feuillet P3. Le profil clinique de la patiente incluait également un rétrécissement aortique modéré, une insuffisance tricuspide secondaire et un risque chirurgical jugé prohibitif par la Heart Team en raison de comorbidités systémiques (anémie, thrombocytopénie et hypoalbuminémie).

Le protocole thérapeutique s’est articulé autour d'une stratégie séquentielle visant à stabiliser l'hémodynamique avant l'intervention mécanique :

  • Phase médicale initiale : Introduction du mavacamten à une posologie de 2,5 mg/jour, associée à un traitement de fond de l'insuffisance cardiaque comprenant 47,5 mg de métoprolol, 10 mg de dapagliflozine, 20 mg de spironolactone et 20 mg de furosémide.
  • Suivi et ajustement : Réévaluation clinique et biologique à 12 semaines. Suite à une récurrence des symptômes au quatrième mois, la posologie du mavacamten a été majorée à 5 mg/jour.
  • Phase interventionnelle : Réalisation d’une procédure de réparation mitrale bord à bord percutanée (M-TEER) sous guidage échocardiographique, tout en maintenant le traitement par mavacamten.

L'évaluation des résultats a reposé sur une surveillance rigoureuse par échocardiographie transthoracique (ETT) et transœsophagienne (ETO) pour monitorer les gradients de la chambre de chasse du ventricule gauche (VG) et la sévérité de la régurgitation. Le suivi biologique a intégré le dosage sérié du NT-proBNP et de la troponine I cardiaque (cTnI) à chaque étape clé du traitement.

Évolution clinique et hémodynamique : une réponse synergique

Le suivi de la patiente a révélé une réponse initiale significative au mavacamten, suivie d'une instabilité hémodynamique ayant nécessité le recours à la procédure M-TEER. Les résultats montrent une stabilisation durable après l'intervention combinée.

Paramètres Baseline Semaine 12 (Mavacamten 2,5 mg) Semaine 16 (Échappement) Post-M-TEER (1 mois)
Classe NYHA III II III II
Gradient max. LVOT (mmHg) 118 25 108 12
NT-proBNP (pg/mL) 10 258 519 2 073
Troponine I (ng/L) 32 6,04 7,1
Insuffisance Mitrale (IM) Sévère (++++) Sévère (++++) Sévère (++++) Légère (+)

Observations qualitatives et imagerie

  • Phase médicamenteuse : À 12 semaines, le mavacamten a permis une réduction drastique du gradient de l'OVT (de 118 à 25 mmHg) et des biomarqueurs cardiaques. Cependant, l'insuffisance mitrale dégénérative (prolapsus P3) est restée sévère, contribuant à la réapparition des symptômes à la 16e semaine malgré l'augmentation de la dose à 5 mg.
  • Phase interventionnelle (M-TEER) : L'implantation du clip mitral a permis de traiter la composante anatomique de l'IM. Dès le 3e jour post-opératoire, l'échocardiographie a confirmé une réduction majeure de l'IM (grade léger) et une normalisation du gradient de l'OVT à 12 mmHg.
  • Stabilité à 30 jours : Les mesures effectuées au repos (la patiente étant incapable de réaliser une manœuvre de Valsalva) confirment le maintien d'un gradient bas (12 mmHg) et d'une fraction d'éjection ventriculaire gauche préservée à 70 %.

L'approche hybride a permis de pallier l'insuffisance du traitement médical seul face à une pathologie double (obstructive et dégénérative), aboutissant à une amélioration clinique stable (NYHA II).

Analyse Clinique : La Synergie des Mécanismes

Cette étude démontre l'intérêt d'une approche hybride face à une pathologie double : l'oHCM et l'insuffisance mitrale dégénérative (IMD). Si le mavacamten a initialement réduit le gradient de l'éjection ventriculaire gauche (de 118 à 25 mmHg), son instabilité à 16 semaines (remontée à 108 mmHg) souligne les limites de la pharmacothérapie seule en présence d'une anomalie structurelle comme le prolapsus P3. Le M-TEER intervient ici comme le complément mécanique indispensable, stabilisant durablement le gradient (12 mmHg à un mois) et réduisant l'insuffisance mitrale de sévère à légère.

Limites et Mise en Perspective

Le caractère unique de ce cas (n=1) et le suivi court de 30 jours imposent la prudence. La patiente présentait un profil de risque prohibitif (EuroSCORE de 8, anémie, hypoalbuminémie), ce qui a orienté le choix vers cette stratégie mini-invasive. Les auteurs soulignent que l'utilisation du mavacamten en amont du M-TEER pourrait réduire les risques procéduraux liés à une obstruction massive de la chambre de chasse, bien que les preuves cliniques sur cette association concomitante restent encore rares dans la littérature actuelle.

Implications pour la Pratique

Pour le praticien, ce cas suggère qu'une stratégie séquentielle (mavacamten suivi de M-TEER) offre une sécurité hémodynamique accrue chez les patients à haut risque chirurgical. En traitant d'abord la composante dynamique par inhibition de la myosine, on stabilise l'environnement avant l'intervention percutanée sur la composante structurelle. Cette approche combinée permet d'atteindre une classe NYHA II chez des patients complexes présentant des valvulopathies multiples.

Synthèse des résultats

L'approche combinée associant le mavacamten (inhibiteur de la myosine cardiaque) et la réparation mitrale bord à bord transcathéter (M-TEER) a permis de ramener le gradient de l'OGVG de 118 mmHg à 12 mmHg en seulement 30 jours. Malgré une instabilité hémodynamique initiale sous monothérapie, l'intervention a stabilisé la patiente en classe NYHA II avec une régurgitation mitrale résiduelle minime et une baisse durable des biomarqueurs de stress myocardique par rapport aux niveaux initiaux.

Le défi clinique : CMHO obstructive et insuffisance mitrale dégénérative

La prise en charge des patients souffrant de cardiomyopathie hypertrophique obstructive (CMHO) complexe représente un véritable défi thérapeutique, particulièrement lorsque s'y associe une insuffisance mitrale dégénérative (IMD). Si le traitement pharmacologique vise traditionnellement à réduire l'obstruction de la chambre de chasse du ventricule gauche (VG), la présence d'une pathologie organique de la valve mitrale, telle qu'un prolapsus, complique l'équation. Cette étude de cas décrit une approche séquentielle innovante combinant une thérapie ciblée et une intervention transcathéter chez une patiente à haut risque chirurgical.

Présentation du cas et évaluation initiale

Une patiente de 79 ans a été admise pour une dyspnée et des oppressions thoraciques progressives (NYHA classe III). Le bilan initial a révélé une CMHO sévère associée à un prolapsus du feuillet postérieur (P3) entraînant une IMD majeure. Le tableau était complété par une sténose aortique et une insuffisance tricuspide secondaires. Face à un risque opératoire prohibitif (lié à l'âge, une anémie et une thrombocytopénie), l'équipe multidisciplinaire a opté pour une stratégie médicale initiale avant d'envisager une intervention.

Phase 1 : Thérapie pharmacologique ciblée

Le traitement a débuté par l'introduction du mavacamten, une thérapie basée sur le mécanisme spécifique de la CMHO, à une dose de 2,5 mg/jour en complément d'un traitement classique de l'insuffisance cardiaque. À 12 semaines, les résultats étaient probants : le gradient de la chambre de chasse (LVOTG) est passé de 118 mmHg à 25 mmHg, et le taux de NT-proBNP a chuté de 10 258 pg/mL à 519 pg/mL. Cependant, malgré cette amélioration hémodynamique, l'IMD sévère persistait, illustrant la nature organique et non purement fonctionnelle de la fuite mitrale dans ce cas précis.

Phase 2 : Échec du contrôle médical et recours au M-TEER

Au quatrième mois, une récurrence des symptômes (NYHA III) a été observée, corrélée à une remontée brutale du LVOTG à 108 mmHg, malgré l'augmentation de la dose de mavacamten à 5 mg. Cette instabilité a conduit à la décision de réaliser une réparation mitrale bord à bord par voie percutanée (M-TEER). L'intervention a été réalisée tout en maintenant le traitement par mavacamten pour stabiliser l'obstruction sous-jacente.

Résultats post-interventionnels

L'effet synergique de la double approche a été immédiat. Au troisième jour post-M-TEER, l'échocardiographie a montré une insuffisance mitrale résiduelle minime et une réduction drastique du LVOTG à 12 mmHg. Au suivi à un mois, la patiente restait stable en classe NYHA II. Fait notable : le NT-proBNP s'est stabilisé à 694,90 pg/mL et aucune accélération significative du flux n'a été notée après manœuvre de Valsalva, alors que la patiente était initialement incapable de la réaliser lors de l'admission.

Analyse de la stratégie hybride

Cette observation souligne l'importance d'identifier le mécanisme prédominant de l'insuffisance mitrale dans la CMHO. Si le mouvement systolique antérieur (SAM) est souvent responsable d'une fuite fonctionnelle, le prolapsus organique nécessite une correction structurelle. L'utilisation du mavacamten en amont du M-TEER permet de réduire le risque procédural en stabilisant les conditions hémodynamiques, tandis que le M-TEER traite définitivement la composante dégénérative que le traitement médical seul ne peut résoudre.

Lexique technique

M-TEER (Transcatheter edge-to-edge mitral valve repair) : Technique de réparation de la valve mitrale par voie percutanée consistant à rapprocher les feuillets valvulaires pour réduire la régurgitation.

CMHO (Cardiomyopathie hypertrophique obstructive) : Maladie myocardique caractérisée par un épaississement des parois ventriculaires entraînant une obstruction dynamique de la chambre de chasse.

LVOTG (Left ventricular outflow tract gradient) : Gradient de pression mesuré au niveau de la chambre de chasse du ventricule gauche, reflétant le degré d'obstruction systolique.

SAM (Systolic anterior motion) : Mouvement anormal vers l'avant du feuillet mitral pendant la systole, contribuant à l'obstruction de la chambre de chasse et à la fuite mitrale.

Mavacamten : Thérapie basée sur le mécanisme ciblant spécifiquement la physiopathologie de la CMHO pour moduler la contractilité myocardique.

IMD (Insuffisance mitrale dégénérative) : Régurgitation de la valve mitrale causée par des altérations structurelles organiques des feuillets ou des cordages (ex: prolapsus).

Conclusion opérationnelle

Concrètement, pour le praticien :

  • En cas de CMHO associée à une IMD sévère, déterminez si la fuite est purement fonctionnelle (liée au SAM) ou organique (prolapsus) pour orienter la stratégie interventionnelle.
  • Considérez l'approche hybride (Mavacamten + M-TEER) pour les patients à haut risque chirurgical : le traitement médical optimise le terrain hémodynamique avant le geste mécanique.
  • Un LVOTG fluctuant sous traitement médical peut être l'indicateur d'une pathologie valvulaire structurelle sous-jacente nécessitant une intervention percutanée complémentaire.

Source

  • Titre original : Obstructive Hypertrophic Cardiomyopathy With Degenerative Mitral Regurgitation
  • Auteurs : Yu Wang, X. Liu, Lianyue Ma, Yan Liu, Yuan Cao, Guipeng An, Fangfang Liu, Mei Dong
  • Publication : JACC Case Reports - 2026-03-18
  • DOI : https://doi.org/10.1016/j.jaccas.2026.107398

Information destinée aux professionnels de santé. Ce contenu peut comporter des erreurs ou des résumés tronqués. Nous recommandons de toujours vérifier avec l'article source original. Delynov se décharge de toute responsabilité quant à l'utilisation de ces informations. Ce document n'est pas destiné aux patients ni au grand public.

Mitral valve repair: a new device for calibrating chordal length
In mitral repair surgery, long-term stability depends on a critical and technical step...