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Should iatrogenic ASD be closed after TMVR? Real-world evidence

Transcatheter Mitral Valve Replacement (TMVR) requires a large-bore transseptal puncture...

L’iASD post-TMVR : Un arbitrage hémodynamique complexe

Le remplacement valvulaire mitral transcathéter (TMVR) impose une ponction transseptale de large calibre (24 à 35 F), créant systématiquement une communication interauriculaire iatrogène (iASD). Si sa persistance est associée à une surcharge volumétrique du ventricule droit et à une hypertension pulmonaire, sa fermeture percutanée (PC-iASD) reste controversée. En effet, l'obturation du shunt peut entraîner une élévation délétère de la pression auriculaire gauche. Jusqu'alors, l'essai randomisé MITHRAS (n=80) n'avait montré aucun bénéfice clinique à une fermeture systématique, mais ses résultats restaient limités par une faible puissance statistique et l'exclusion des sous-groupes à haut risque.

Cette étude s'appuie sur la base de données nationale américaine NIS (2020-2022) pour analyser la prévalence et l'impact de la PC-iASD dans un contexte réel. L'objectif est de comparer la mortalité intra-hospitalière et les complications hémodynamiques (choc cardiogénique, insuffisance cardiaque aiguë, besoin de support mécanique) entre les patients traités par PC-iASD et ceux conservant l'iASD. Les auteurs ont testé l'hypothèse selon laquelle la fermeture percutanée post-TMVR serait associée à une différence mesurable des résultats cliniques hospitaliers au sein d'une population diversifiée, permettant ainsi de clarifier les critères de sélection des patients pour cette intervention.

Méthodologie de l'étude NIS (2020-2022)

Cette étude observationnelle rétrospective s'appuie sur les données du National Inpatient Sample (NIS) américain, couvrant la période 2020-2022. L'échantillon, stratifié à 20 % des sorties d'hôpitaux américains, a été pondéré pour générer des estimations nationales représentatives.

La population d'étude comprend 4 965 hospitalisations pondérées pour une procédure de réparation valvulaire mitrale transcathéter (TMVR). Les critères d'exclusion comprenaient les patients de moins de 18 ans, les antécédents de remplacement ou réparation valvulaire et les communications interauriculaires congénitales.

  • Groupes expérimentaux : La cohorte a été divisée entre les patients ayant subi une fermeture percutanée de la communication interauriculaire iatrogène (PC-iASD) durant la même hospitalisation (n = 431, soit 8,7 %) et ceux ayant subi une TMVR seule (n = 4 534).
  • Critères d'évaluation : Le critère de jugement principal était la mortalité intra-hospitalière. Les critères secondaires incluaient le choc cardiogénique, l'insuffisance cardiaque aiguë (gauche et droite), la tamponnade cardiaque, le recours à une assistance circulatoire mécanique (MCS) et l'insuffisance respiratoire aiguë.
  • Analyse statistique : Les auteurs ont utilisé des tests de Pearson chi-carré corrigés pour le design de l'enquête et des modèles de régression logistique univariée et multivariée. Ces derniers ont été ajustés sur les caractéristiques démographiques et les comorbidités (index d'Elixhauser), incluant l'hypertension pulmonaire et l'insuffisance cardiaque, à l'aide du logiciel Stata 18.

Prévalence et profil des patients

Sur un échantillon national pondéré de 4 965 hospitalisations pour TMVR, 431 patients (8,7 %) ont bénéficié d'une fermeture percutanée de la communication interauriculaire iatrogène (PC-iASD) au cours du même séjour. Ce taux est quatre à cinq fois supérieur à celui observé après une réparation mitrale bord à bord (TEER), ce qui s'explique par l'utilisation de gaines transseptales de plus gros calibre (24 à 35 F) et des temps de procédure prolongés.

L'analyse des caractéristiques de base révèle que les patients du groupe PC-iASD présentaient un profil clinique initial plus lourd, marqué par une prévalence significativement plus élevée d'hypertension pulmonaire et d'insuffisance cardiaque par rapport au groupe TMVR seul.

Tableau 1 : Comparaison des caractéristiques de base
Caractéristique TMVR seule (%) TMVR + PC-iASD (%) Valeur p
Hypertension pulmonaire 40,5 56,9 0,003
Insuffisance cardiaque 88,0 95,4 0,040
Fibrillation/Flutter auriculaire 46,1 53,5 0,173
Diabète sucré 30,8 26,7 0,443

Résultats cliniques hospitaliers

L'analyse univariée des résultats cliniques ne montre aucune différence statistiquement significative entre les deux groupes pour l'ensemble des critères évalués. Malgré un profil de risque initial plus élevé chez les patients sélectionnés pour une fermeture, la PC-iASD n'a pas entraîné de surcroît de mortalité ou de complications majeures.

Tableau 2 : Analyse univariée des issues cliniques (PC-iASD vs TMVR seule)
Issue clinique Odds Ratio (OR) IC à 95 % Valeur p
Mortalité intra-hospitalière 1,69 0,68 - 4,20 0,260
Choc cardiogénique 1,33 0,63 - 2,78 0,451
Insuffisance cardiaque aiguë 1,24 0,73 - 2,11 0,431
Assistance circulatoire mécanique 1,12 0,45 - 2,76 0,808
Insuffisance respiratoire aiguë 0,80 0,41 - 1,54 0,499
Épanchement péricardique 2,37 0,88 - 6,37 0,086

Les auteurs notent que bien que les résultats bruts puissent paraître numériquement moins favorables dans le groupe PC-iASD, l'absence de significativité statistique souligne que la décision de fermeture est principalement dictée par le gradient de risque initial du patient (souffrance ventriculaire droite ou hypoxémie) plutôt que par une toxicité intrinsèque de la procédure.

Une innocuité confirmée dans la "vraie vie" clinique

Cette analyse nationale issue de la base NIS (2020-2022) révèle que près de 9 % des patients bénéficiant d'une réparation mitrale transcathéter (TMVR) reçoivent une fermeture percutanée de communication interauriculaire iatrogène (PC-iASD). Ce taux, nettement supérieur à celui observé après un TEER (MitraClip), s'explique par l'utilisation de gaines de plus gros calibre (24 à 35 F) et des temps d'intervention prolongés.

Les résultats montrent que les praticiens ne ferment pas ces CIA de manière aléatoire : le groupe PC-iASD présentait une prévalence significativement plus élevée d'hypertension pulmonaire (56,9 % contre 40,5 %, p = 0,003) et d'insuffisance cardiaque (95,4 % contre 87,9 %, p = 0,039). Malgré ce profil de risque initial plus lourd, la fermeture de la CIA n'augmente pas la morbi-mortalité hospitalière.

L'étude rapporte des résultats cliniques neutres : la mortalité intra-hospitalière n'est pas significativement impactée (OR : 1,69 ; p = 0,260). De même, le risque de choc cardiogénique (OR : 1,33 ; p = 0,451), d'insuffisance ventriculaire droite aiguë (OR : 1,77 ; p = 0,605) ou le recours à une assistance circulatoire mécanique (OR : 1,12 ; p = 0,808) restent statistiquement comparables entre les groupes.

Ces données "real-world" valident les conclusions de l'essai randomisé MITHRAS sur une cohorte plus large et plus diversifiée. Si la fermeture de la CIA peut théoriquement augmenter la pression auriculaire gauche, elle ne semble pas entraîner de décompensation délétère immédiate pour le patient.

Limites et nuances

L'étude repose sur des codes administratifs (NIS), ce qui limite la précision sur les mesures hémodynamiques per-procédurales. De plus, le suivi se limite à la phase hospitalière, ne permettant pas d'évaluer les bénéfices ou complications à long terme sur le remodelage cardiaque droit.

Synthèse des résultats

Cette analyse de la base nationale NIS (2020-2022) portant sur 4 965 hospitalisations révèle que 8,7 % des patients subissent une fermeture percutanée d'iASD après une TMVR. Malgré une prévalence plus élevée d'hypertension pulmonaire et d'insuffisance cardiaque dans ce groupe, la procédure de fermeture n'est pas associée à une augmentation statistiquement significative de la mortalité hospitalière (OR 1,69 ; p=0,260) ou des complications comme le choc cardiogénique.

Concrètement, pour le praticien :

  • Sécurité confirmée : La fermeture de l'iASD post-TMVR s'avère être une procédure sûre qui ne compromet pas les résultats cliniques immédiats, même chez les patients à profil de risque élevé.
  • Ciblage clinique : La décision de fermeture doit rester guidée par la présence de signes de surcharge droite ou d'hypoxémie, plutôt que par une pratique systématique.
  • Vigilance hémodynamique : Bien que sécuritaire, l'occlusion peut élever la pression auriculaire gauche ; une surveillance attentive est recommandée chez les patients présentant une hypertension pulmonaire préexistante.
La réparation valvulaire mitrale transcathéter (TMVR) impose souvent une ponction transseptale de large calibre (24 à 35 F). Conséquence directe : la création d'une communication interauriculaire iatrogène (iASD). Si l'impact clinique de cet iASD reste débattu, une nouvelle analyse s'appuyant sur la base de données américaine NIS (National Inpatient Sample) apporte un éclairage concret sur les pratiques actuelles.

Source

  • Titre original : Percutaneous Iatrogenic Atrial Septal Defect Closure Post Transcatheter Mitral Valve Repair: Revisiting MITHRAS Trial in a Larger Cohort
  • Auteurs : Hammad S Chaudhry, Dawood Shehzad, Amr Moustafa, Muhammad Faisal Riaz, Logan Johnke, Sunia Chaudhary, Dawlat Khan
  • Publication : Cureus - 2026-04-03
  • DOI : https://doi.org/10.7759/cureus.106390

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