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Incarcerated Swan-Ganz catheter: a pitfall of left atriotomy in MICS

The use of the pulmonary artery catheter (PAC) remains a common practice for monitoring h...

Le défi de la surveillance hémodynamique en chirurgie cardiaque mini-invasive

L’utilisation du cathéter d’artère pulmonaire (PAC) reste une pratique courante pour le monitorage hémodynamique continu en chirurgie cardiaque. Cependant, cette technique n'est pas exempte de complications graves, parmi lesquelles l'incarcération du cathéter par suture accidentelle aux structures vasculaires ou cardiaques. Si l'incidence globale de cet événement est estimée à environ 0,07 %, le développement croissant de la chirurgie cardiaque mini-invasive (MICS) pourrait modifier ce profil de risque.

La chirurgie par mini-thoracotomie, bien qu'avantageuse pour la récupération du patient, impose des contraintes techniques majeures : un champ opératoire restreint et une maniabilité limitée des instruments. Ces spécificités augmentent potentiellement la probabilité de suturer involontairement un dispositif de monitorage interne. L'objectif de ce rapport de cas est d'analyser les mécanismes et les signes d'alerte conduisant à l'incarcération d'un PAC lors d'une procédure de réparation mitrale par abord mini-invasif.

Cette étude teste l'hypothèse selon laquelle l'approche par atriotomie gauche, nécessaire à l'exposition de la valve mitrale en MICS, constitue une zone de vulnérabilité critique pour le piégeage du cathéter. À travers l'examen des manifestations cliniques peropératoires et des difficultés rencontrées lors du retrait, les auteurs visent à évaluer la pertinence du maintien du PAC face aux risques de complications iatrogènes dans ce contexte chirurgical spécifique.

Approche clinique et protocole de prise en charge

Ce rapport de cas détaille la prise en charge d'un patient de 42 ans (179 cm, 53 kg) programmé pour une plastie mitrale mini-invasive par mini-thoracotomie droite. Le protocole anesthésique a inclus l’insertion d’un cathéter artériel pulmonaire (CAP) de 7,5 Fr par la veine jugulaire interne droite, avancé à une profondeur de 50 cm sous guidage fluoroscopique et barométrique.

Le suivi peropératoire et postopératoire a reposé sur l'analyse des paramètres et événements suivants :

  • Monitoring hémodynamique : Surveillance continue de la pression artérielle pulmonaire (PAP). Une chute de la PAP moyenne de 20 à 10 mmHg, avec une onde devenant identique à celle de la pression veineuse centrale (PVC), a été observée 30 minutes après le sevrage de la circulation extracorporelle (CEC).
  • Signes d’alerte cliniques : Impossibilité d'insuffler le ballonnet, aspiration de sang par le port du ballonnet et présence de sang dans le connecteur du moniteur de température.
  • Évaluation de la mobilité du dispositif : Lors d'une tentative de retrait à J1 postopératoire, une résistance franche a été rencontrée après 7 cm de retrait.
  • Diagnostic iconographique et chirurgical : Réalisation d'une radiographie thoracique mettant en évidence une courbure anormale du CAP à proximité de la veine cave supérieure. La confirmation de l'incarcération au niveau de la ligne de suture de l'atriotomie gauche (réalisée par abord droit) a été obtenue lors d'une réintervention chirurgicale d'urgence sous CEC.

Résultats : Une bascule hémodynamique révélatrice

L'évolution clinique a été marquée par une modification brutale des paramètres hémodynamiques survenue 30 minutes après le sevrage de la circulation extracorporelle (CEC). Le signe d'appel principal fut une chute de la pression artérielle pulmonaire (PAP) moyenne, accompagnée d'une modification morphologique du signal.

Paramètre Valeur / Observation
PAP moyenne Passage de 20 mmHg à 10 mmHg
Morphologie de l'onde Tracé devenu identique à celui de la PVC
Mobilité du PAC Limitée à 2 cm (test de retrait initial)
Test au ballonnet Échec de l'inflation et reflux sanguin dans la seringue

Au-delà des chiffres, des signes physiques ont rapidement orienté vers une complication mécanique. Lors de la déconnexion du câble de température, une accumulation de sang a été constatée dans le connecteur de la thermistance, suggérant une brèche structurelle du cathéter.

Imagerie et confirmation chirurgicale

Au premier jour postopératoire, après extubation, une résistance mécanique franche a été rencontrée lors de la tentative de retrait du PAC, bloqué à environ 7 cm de profondeur. La radiographie thoracique a alors révélé une courbure anormale du dispositif à proximité de la veine cave supérieure (VCS), contrastant avec les clichés pré-extubation.

La réintervention en urgence a permis d'identifier le site exact de l'incarcération. L'exploration peropératoire a confirmé que le cathéter avait été transpercé par la ligne de suture de l'atriotomie gauche réalisée lors de la première chirurgie. Pour permettre une extraction sécurisée sans léser les structures cardiaques, le PAC a dû être sectionné. L'examen macroscopique du cathéter après retrait a confirmé la pénétration directe par le fil de suture, expliquant à la fois la perte de signal de pression et le reflux sanguin observé dans les ports de monitorage.

Analyse clinique : les signaux d'alerte d'une incarcération

Ce cas clinique illustre une complication rare mais sévère de la chirurgie cardiaque mini-invasive (MICS) : l'incarcération du cathéter d'artère pulmonaire (PAC) par la ligne de suture de l'atriotomie gauche. La transition brutale d'une onde de pression artérielle pulmonaire (PAP) vers une onde superposable à la pression veineuse centrale (PVC), associée à un reflux de sang dans le port du ballonnet, constitue le signe pathognomonique d'une perforation du cathéter par un point de suture. Un autre indicateur crucial, souvent négligé, est l'accumulation de sang dans le connecteur de la thermistance.

Les défis techniques de la MICS en cause

La littérature rapportée par les auteurs estime l'incidence globale de l'incarcération des PAC à environ 0,07 %. Cependant, le cadre spécifique de la MICS via mini-thoracotomie droite semble exacerber ce risque. L'exiguïté du champ opératoire et la maniabilité restreinte des instruments augmentent la probabilité de suturer par inadvertance des structures vasculaires ou le cathéter lui-même, particulièrement lors de la fermeture de l'oreillette gauche.

Limites et enseignements de l'observation

Bien que les résultats soient limités à un cas unique, ils soulignent que la résistance rencontrée lors du retrait du cathéter (ici à 7 cm) doit impérativement stopper toute manipulation pour éviter une rupture vasculaire. La re-intervention sous circulation extracorporelle (CEC) a permis de confirmer que le point de suture de l'atriotomie avait transpercé le PAC, nécessitant son sectionnement pour une extraction sécurisée. Cette étude remet en question l'usage systématique du PAC en MICS au profit d'une évaluation bénéfice-risque individuelle.

Synthèse des résultats de l'étude

Ce cas clinique illustre l'incarcération d'un cathéter d'artère pulmonaire (CAP) par la suture d'une atriotomie gauche lors d'une plastie mitrale mini-invasive (MICS). Les signes d'alerte incluaient une chute de la pression pulmonaire au niveau de la PVC, un reflux de sang dans le port du ballonnet et une résistance au retrait de 7 cm, nécessitant une réintervention chirurgicale sous CEC pour libérer le cathéter transfixié.

Concrètement, pour le praticien :

  • Identifier les signaux d'alarme : En peropératoire, un reflux sanguin dans le connecteur du thermistor ou dans la seringue de gonflage du ballonnet, associé à un changement de morphologie de l'onde de pression pulmonaire, doit faire suspecter une suture accidentelle du cathéter.
  • Vérifier avant la clôture : Dans le champ restreint de la MICS, assurez-vous de la mobilité du CAP ou vérifiez sa position par échographie transœsophagienne (ETO) avant de finaliser la ligne de suture de l'atriotomie gauche.
  • Évaluer la nécessité du CAP : Compte tenu du risque d'incarcération (estimé à 0,07 % mais potentiellement sous-déclaré), discutez l'omission du monitorage invasif par CAP au profit d'une surveillance par ETO pour les procédures mitrales mini-invasives.

Lexique Technique du Cas Clinique

PAC (Pulmonary Artery Catheter) : Dispositif de monitorage hémodynamique continu (cathéter de Swan-Ganz) inséré par la veine jugulaire interne pour mesurer les pressions artérielles pulmonaires et le débit cardiaque.

Incarcération (Entrapment) : Complication rare, estimée à 0,07 % des cas, caractérisée par la suture accidentelle du cathéter à une structure cardiaque ou vasculaire lors de l'intervention chirurgicale.

Mini-thoracotomie droite : Voie d'abord chirurgicale mini-invasive (MICS) réalisée par une incision intercostale (ici le 3ème espace), offrant un champ opératoire limité par rapport à la sternotomie conventionnelle.

Atriotomie gauche : Incision pratiquée dans la paroi de l'oreillette gauche pour accéder à la valve mitrale ; dans ce rapport, la ligne de suture de l'atriotomie a été identifiée comme le point de transfixion du PAC.

Échographie transœsophagienne (ETO/TEE) : Imagerie peropératoire utilisée pour confirmer la position de l'extrémité du cathéter dans l'artère pulmonaire droite et évaluer la correction de l'insuffisance mitrale.

Connecteur de thermistance : Partie externe du PAC reliant le capteur de température au moniteur ; la présence de sang à ce niveau ou dans le port du ballonnet est un signe pathognomonique de lésion structurelle du cathéter.

Prolapsus A2–A3 : Anomalie anatomique de la valve mitrale impliquant les segments médians et latéraux du feuillet antérieur, ayant nécessité la valvuloplastie rapportée.


Source

  • Titre original : Postoperative detection of pulmonary artery catheter entrapment during minimally invasive mitral valve repair: a case report
  • Auteurs : Ayaka Higashi, Sachiko Yamazaki, Atsushi Kainuma, Toshihito Mihara, Yuya Takahashi, Hiroki Matsuyama, Akiyuki Takahashi, Masahiro Sakaguchi
  • Publication : JA Clinical Reports - 2025-10-16
  • DOI : https://doi.org/10.1186/s40981-025-00822-8

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